Sant Jaume

Les légendes de Catalogne

Journées du Patrimoine obligent, nous avons choisi de vous partager d’une manière originale la culture catalane. Ouvrez grands les yeux et les oreilles, nous allons vous conter les légendes des villes de caractère de Catalogne grâce aux illustrations de l’artiste Lali Miró…

En 1592, un événement extraordinaire voire miraculeux pour certains donna naissance à la légende de la rose de Reus.

La version traditionnelle explique comment une bergère, Isabella Basora, avec son troupeau de moutons dans les faubourgs de la ville, pria la Vierge Marie, implorant sa miséricorde, pour que prenne fin l’épidémie de peste qui s’était propagée dans toute la ville. Soudain, la Vierge lui apparut et elle lui indiqua qu’elle devait se présenter devant le conseil de la ville de Reus et allumer une bougie et qu’ainsi la peste cesserait.

La bergère obéît aux indications de la Vierge Marie, mais les Conseillers, comme l’avait prédit la Vierge Marie, ne la crurent pas. De retour au lieu d’apparition, elle invoqua la Vierge, demandant à nouveau d’avoir pitié de la ville. Celle-ci apparut de nouveau, tamponnant une rose sur sa joue comme pour certifier les paroles de la jeune fille. Les autorités, voyant le prodige, accomplirent les ordres de la Vierge Marie.

Cette légende explique pourquoi la rose est depuis le symbole du blason de la ville de Reus. On ne put trouver d’explication dans les archives sur l’apparition de cette rose. La première documentation y faisant référence figure dans le procès-verbal du Conseil du 13 décembre 1592, dans lequel il était convenu de construire une chapelle, qui fut transformée par la suite en sanctuaire de Notre-Dame de la Miséricorde, patronne de la ville.

Depuis, on célèbre sa fête le 25 septembre. L’architecte Antoni Gaudí, né à Reus, entreprit un projet de réforme du sanctuaire de la Miséricorde. Ceci aurait pu devenir l’unique œuvre du grand architecte dans sa ville natale, si elle avait finalement été construite.

Le tombeau et la chapelle du saint patron de Gérone ne sont pas sans rappeler l’une des légendes les plus populaires de la ville.

Alors qu’en 1285, Gérone était encerclée par les troupes françaises, un certain nombre pénétra dans l’église de Sant Feliu, qui à cette époque, se trouvait en dehors des murailles

Du corps de l’évêque martyr, jaillirent d’énormes mouches agressives qui décimèrent une grande partie des « envahisseurs » ainsi que leurs chevaux. Face à cette situation inattendue et mystérieuse, les troupes françaises se retirèrent.

De ce fait, à chaque nouvelle menace, l’invocation à Sant Narcís et à ses mouches devint récurrente. Bien que le miracle ne se produisit pas de façon systématique, la mouche est depuis lors devenue l’une des « mascottes » de la ville.

La nuit du 24 juillet, une procession de lanternes allumées accompagnait le saint de l’église du Carme à la Seu  Nova (Cathédrale Nouvelle) pour commémorer le passage de l’apôtre Jaume par la ville de Lleida, étape du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Catalogne.

La légende dit que, quand le saint se trouva entre la rue Major et la rue Cavallers, il se planta une épine dans le pied et du fait de l’obscurité, ne parvint à la retirer.

C’est alors qu’un ange descendit muni d’une lanterne pour l’éclairer. C’est à cet endroit que fut bâtie la chapelle del Peu de Romeu (1399) abritant une sculpture reproduisant cette scène.

Il fut un temps où une grave sécheresse s’abattit sur la ville de Manresa qui entraîna une grande famine. Pour y mettre fin, les conseillers de la ville décidèrent de construire un canal de 26 km afin de diriger l’eau de la rivière Llobregat Balsareny à Manresa. Le roi Pere III permis à la ville de Manresa par une baisse des impôts la réalisation de ces travaux.

Mais alors, l’évêque de Vic, représentant de la paroisse de Sallent s’opposa à ce que le fossé traverse sa municipalité craignant une descente du fleuve del Llobregat de Sallent. Manresa ne tint pas compte des menaces de l’évêque et poursuivit les travaux.

Alors l’évêque excommunia les ouvriers et les conseillers municipaux provoquant la suspension des sacrements et de la liturgie dans toute la ville.

Face à de telles circonstances et d’après la légende, le 21 Février 1345, une lumière vive provenant de la montagne de Montserrat pénétra dans l’église del Carme par une fenêtre de la façade principale alors que les cloches se mirent à sonner toutes seules. Une fois à l’intérieur, la lumière se divisa en 3 rayons pour ensuite se rejoindre en un seul et sortir à nouveau de l’église en direction de Montserrat. Lorsque l’évêque fût informé de ce miracle, le conflit pris fin et Manresa pût construire son fossé.

 

C’est ainsi que la jeune fille quitta le château pour rejoindre la bête, tandis que tout le village pleurait son départ. Quand elle fut sur le point d’atteindre la caverne du monstre, Sant Jordi apparut monté sur un cheval blanc.

La princesse l’avertit du danger, mais le chevalier lui répondit qu’il venait de très loin pour libérer les villageois de cette terrible bête. Ainsi commença un combat long et intense, jusqu’à ce que le chevalier tue le dragon d’un coup de lance. Du sang du monstre répandu sur le sol, naquit un beau rosiers aux fleurs rouges. Sant Jordi coupa une rose et l’offrit à la princesse, qui une fois libérée put retrouver la quiétude de son village à côté des siens.

Alors que Tarragone manquait d’eau, il fut décidé de construire un pont afin d’apporter l’eau à la ville. Mais suite à des orages, le pont s’écroula.

Devant ce désastre et après tant d’efforts, le maître d’œuvre décréta que seul le démon pourrait édifier un pont qui durerait mille ans.

Ceci étant dit, le diable se présenta à lui, en lui garantissant qu’il le ferait en une seule nuit.

En échange, il voulait l’âme de celui qui boirait le premier l’eau arrivant du pont. Aussitôt dit aussitôt fait, le lendemain, le chef de chantier, qui se plaça à l’extrémité du pont, fit boire de l’eau à un âne.

Face à cette supercherie, le démon voulut démolir le pont.

C’est alors que les habitants brandirent une croix confectionnée de branches pour faire fuir le démon. Les maudissant, il fit remonter une multitude de démons qui se chargèrent de dévier les eaux, de sorte que celles-ci ne parvinrent jamais à la ville. »

La légende raconte que pendant des années et des années, à une époque de grande sècheresse, de l’herbe poussait dans le clocher de la tour de l’horloge. Comme il y avait peu de nourriture pour nourrir le bétail, il fut décidé d’amener un âne au sommet du clocher pour qu’il puisse brouter l’herbe. Mais les escaliers étaient si étroits qu’il fallut hisser jusqu’au sommet l’âne pendu par le cou.

Tandis que la pauvre bête agonisait et ne pouvait plus se retenir, elle soulagea sa vessie aspergeant les personnes qui se trouvaient en dessous. Cette légende donna le surnom de Matarrucs aux Solsonins et aux Solsonines.

En dérision, chaque samedi soir pendant le carnaval (et le lundi lors du carnaval des enfants), les habitants de Solsona hissent un âne fait de pierre, carton et de bourre et d’un mécanisme permettant de simuler les dernières mictions de la pauvre bête.

L’âne est suspendu au son de la chanson « À Solsona, braves gens » pendant qu’on l’élève au sommet du clocher :

 » À Solsona, braves gens, à Solsona, braves gens, si seulement l’âne n’était pas mort, si seulement l’âne n’était pas mort.

Il y a de nombreuses années au clocher, ici à Solsona, ici à Solsona, il y a plusieurs années au clocher, ici à Solsona, nous l’avons suspendu, nous l’avons suspendu !!!

Au revoir, nous partons. Et nous ne savons pas quand nous reviendrons.

Nous sommes gouvernés par quatre ânes mal éduqués, mal éduqués. « 

Il s’agit de la scène la plus emblématique du carnaval de Solsona et l’un des moments les plus impressionnants et émouvants.

Pendant la guerre de la reconquête, indignés de la façon dont ils furent chassés des villes et villages, les Maures voulurent se venger. C’est alors qu’ils ramenèrent d’Afrique une bête qui courrait comme un bœuf et volait comme un oiseau de proie. Ils la laissèrent dans la grotte de Santa Agnes de Sant Llorenç del Munt. Tant qu’elle était jeune, quelques moutons lui suffisaient pour survivre. Mais après un an, alors que les Maures la voyait bien grasse, ils cessèrent de la nourrir, de sorte qu’affamée, la bête dût sortir de sa grotte pour dévorer tout ce qu’elle trouvait sur son passage. Elle engloutît alors bergers et troupeaux. Quand il ne resta plus rien, elle descendît dans la plaine et terrorisa les habitants de la région. C’est alors que le drame parvint aux oreilles du comte de Barcelone, Guifré. Pour y mettre un terme, il envoya au combat le chevalier Spes, accompagné de ses soldats les plus courageux.

Ils tentèrent de la tuer, mais la peau de la bête était si dure que les assaillants n’y parvinrent. Les Almogavres, par chance, se retrouvaient éjectés par le rebond de leurs lances qu’ils tentaient de planter dans la bête devenant de plus en plus féroce. Apeurés, les chevaux prirent la fuite et tombèrent de la falaise encore connue aujourd’hui sous le nom de « Cingle dels Cavalls ».

Effrayés, le chevalier et ses soldats retournèrent à Barcelone, où ils racontèrent ce qui était arrivé à leur seigneur. Sidéré par la triste situation, il ordonna en premier lieu d’amener à la bête des moutons, persuadé qu’en la nourrissant elle ne descendrait pas dans la plaine pour semer la terreur. Bien que la bête se calma, le comte n’en resta pas là et continua de chercher le meilleur moyen pour mettre fin à cette situation. De bon matin, tant cette histoire l’épuisait mentalement, il sombra dans le sommeil. C’est alors qu’apparût dans ses rêves un ange qui lui remit une puissante épée dans le but qu’il accomplisse son acte. Ragaillardi, il regagna sans tarder Sant Llorenç del Munt, accompagné de ses plus fidèles soldats et chevaliers.

Arrivé à la grotte de Santa Agnès, il laissa ses compagnons, coupa la tige d’un grand arbre et s’approcha de l’entrée. Alors que la bête s’apprêtait à l’attaquer, le comte lui porta un tel coup à la tête qu’elle perdit connaissance ; mais le dragon s’empara de son arme, la brisa en deux et brandit une croix tout en s’envolant.

Face à ce signe de rédemption, le comte, muni de son épée et de son bouclier, attendit que la bête redescende pour lancer une nouvelle attaque. Alors le comte planta son poignard de telle sorte que la bête perdit tant de sang qu’elle en mourut au sommet du Puig de la Creu. La bonne nouvelle se répandit partout et de grandes célébrations furent données en l’honneur du comte Guifré. Quant aux ossements du monstre, ils se retrouvèrent éparpillés dans la montagne.

Il y a de cela de nombreuses années, un jeune homme d’une taille hors du commun arriva à Tortosa. On l’appelait Rufolet. Il venait d’un pays très lointain pour sauver la princesse Rubí, ensorcelée par un sorcier et cachée dans une grotte près de Tortosa.

En chemin, alors qu’il passait par la porte de Remolins, vers la « bassa de Xaco », il entendit un grand cri et, s’approchant du bassin, il trouva un lutin en train de se noyer. En deux temps trois mouvements, il entra dans le bassin et l’en sortit. En guise de remerciement, le lutin le conduisit dans la grotte où se trouvait Rubí et le prévint de la présence d’une étrange bête aux yeux flamboyants et qui crachait du feu.

Le lutin expliqua à Rufolet que la seule façon de neutraliser la bête, connue sous le nom de Cucafera, était de lui couper la queue et les oreilles. Lorsqu’il entra dans la grotte pour sauver Rubí, Cucafera se tenait prête à bondir.

Le lutin qui s’appelait Xaco, et ses amis, Pepo, Guari, Canasta, Xanca, Moixina et Mut, avaient si bien aiguisé l’épée de Rufolet, que ce dernier trancha d’un coup la queue et les oreilles de la Cucafera qui devint très docile. Rufolet, Rubí, les lutins et la Cucafera rentrèrent à Tortosa.

En arrivant dans la ville, ils rencontrèrent des musiciens avec des flûtes et des tambours en pleine procession du Corpus. Tous ensemble, ils formèrent un étrange cortège au milieu des citoyens. Le cortège terminé Rufolet et ses amis s’en retournèrent dans son pays.

Depuis lors, des représentations de nos héros ouvrent la procession du Corpus.

Ces illustrations sont issues d’une collaboration entre le Tourisme de la Catalogne et l’illustratrice Lali Miró pour vous conter les plus belles légendes des villes de caractère de Catalogne en ces journées du patrimoine !

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